63eme Salon de Montrouge

Il y a une élégance consommée dans les oeuvres de Quentin Vintousky, que ce soit dans la musculature d’une figure mythologique gréco-romaine (Le Siffleur, 1017), dans l’évanescence d’une veste de tulle rose poudré (Les larmes d’Aphrodite, 2017-2018) ou dans les larmes d’or d’un oeil cerné de noir (Le désespoir du singe, 2017-2018).

En contre-plongée, Le Siffleur est figé dans son annonce. Sa corne, au centre de l’image, donne du souffle et de la gloire à son geste triomphal. Parée d’ailes, cette chimère va-t-elle s’élever dans ce bleu azuréen qui tout autour de lui exprime son infini ? Quel message a-t-il le sort de propager ? Quelle annonce est faite à celui qui le regarde ?

Dans Les Larmes d’Aphrodite, déposée sur un pan de bois courbé tenant au sol à hauteur de mains, une légère veste transparente s’alourdit du poids d’une huître.

Elle converse avec l’image d’un bain richement décoré, aux teintes art déco, qui se cambre dans le creux de la courbure de ce paravent. La nacre du bouton de la veste brille telle la chair dure et lisse de la coquille d’huître.
Nulles perles ni corps dans ce bain. Nulles larmes ni Vénus ondulant dans cette lumière réfléchie par l’eau et le métal brillant de cette vasque.

C’est dans Le désespoir du singe que les larmes semblent perler sur une tête d’albâtre. Elles ne sont, pourtant, que les restes d’un visage autrefois complètement peint d’or. Ses boucles de cheveux entourent sa tête comme un magma sombre et le peu de peinture dans ses yeux lui donne une allure absente, résignée. Associé au dessin mural d’un arbre schématisé, ce visage évoque ainsi celui des gisants qui trouvent abris sous un arbre, comme dernière protection, dernier refuge au désespoir de leurs corps mourants.